L’Université de Liège s’inscrit dans une longue tradition d’engagement dans la lutte contre les épidémies et les pandémies, tant par ses recherches scientifiques que par son action au service de la santé publique.

033 Le Roi Cell Covid - 2020-11-10 COPY M HOUET ULIEGE

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epuis le début du 20ème Siècle, l’Université de Liège (ULiège) s’est distinguée de manière régulière dans la lutte contre les épizooties, les épidémies et les pandémies. Cela est dû à une conjonction de plusieurs éléments. Premièrement, la recherche dans le domaine de l’infectiologie s’est développée très tôt, et de manière simultanée dans différentes facultés (Facultés de Médecine Vétérinaire, de Médecine, des Sciences et d’Agronomie), au sein de l’ULiège. Les compétences dans le domaine s’y sont sans cesse renforcées grâce à l’héritage scientifique que se sont légués, de génération en génération, des chercheurs de premier plan. Deuxièmement, les disciplines complémentaires à l’infectiologie, sans lesquelles il n’est plus possible d’envisager une lutte efficace contre les épidémies, ont connu un essor exponentiel à l’ULiège au cours des dernières décennies. Nous parlons ici de l’immunologie, des sciences de la santé publique, de la biochimie et de la biologie moléculaire. Troisièmement, l’ULiège est la seule université belge, avec UGent, à disposer d’une Faculté de Médecine Vétérinaire. Cela revêt une importance capitale quand on sait que les épizooties sont plus fréquentes que les épidémies humaines et que, par conséquent, les vétérinaires ont développé, avec le temps, une expertise très pointue dans le domaine. Quatrièmement, les Facultés de Médecine et de Médecine Vétérinaire de l’ULiège sont, depuis 1991, situées à proximité l’une de l’autre, au sein du Sart Tilman, ce qui a permis l’établissement de collaborations inédites, entre médecins humains et vétérinaires, dans le domaine de l’immuno-infectiologie. Ces collaborations ont démontré leur potentiel vertueux lors de la pandémie de COVID-19. En effet, la plupart des solutions technologiques développées en Belgique au cours de cette pandémie l’ont été au sein des facultés de médecine vétérinaire et de médecine de l’ULiège.

Il serait trop long de lister, de manière exhaustive, le rôle qu’a eu l’ULiège dans la lutte contre les épizooties, épidémies et pandémies depuis le début du 20ème siècle. Nous avons donc choisi de rapporter, ci-dessous, cinq exemples représentatifs.

En 1920, la peste bovine, qui avait disparu d’Europe, a fait sa réapparition en Belgique. Un troupeau de zébus, en provenance des Indes, réintroduisit la maladie qui s’étendit rapidement dans le pays. En cinq mois seulement, des vétérinaires belges, dont des membres de l’École Vétérinaire de Cureghem (devenue depuis la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’ULiège), éradiquèrent l’épizootie par des mesures strictes de prophylaxie. Cela leur valut d’acquérir le titre de docteur en médecine vétérinaire. Cet épisode mit en évidence la nécessité d’une collaboration internationale afin de lutter contre les épizooties ce qui conduisit, en 1924, à la création de l’Office International des Épizooties (OIE), rebaptisée depuis OMSA (Organisation Mondiale de la Santé Animale), dont le premier président fut le médecin vétérinaire belge Henri De Roo, diplômé de l’École Vétérinaire de Cureghem.

La rage sévissait encore en Belgique à la fin du 20ème siècle. A cette époque, le Professeur Paul-Pierre Pastoret, de la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’ULiège, a développé un protocole permettant de vacciner les populations de renards par voie orale (appâts) avec un vaccin recombinant. Ces campagnes de vaccination ont permis d’éliminer la rage vulpine en Belgique dès 2001. Depuis lors, le Belgique est considérée comme pays ayant éradiqué la rage.  

Zone vaccination rage

La Belgique a connu des cas de « vache folle » (encéphalopathie spongiforme bovine ; ESB) qui ont culminé en 2000 (neuf cas recensés). Cela a eu des répercussions économiques dans le monde agricole mais a également représenté un danger pour la santé humaine vu que la maladie est transmissible à l’homme (anthropozoonose). Un réseau d’épidémio-surveillance a donc été mis en place et les tests de dépistage ont été confiés par le gouvernement fédéral au Laboratoire de Microbiologie des Denrées Alimentaires de la Faculté de Médecine Vétérinaire de l’ULiège qui, dans un premier temps, fut le seul laboratoire belge capable de mener ces tests. Un peu plus tard (2002), le Centre de Recherche sur les Protéines Prion, le CRPP, dédié à la recherche sur les encéphalopathies spongiformes, fut créé et financé par la Région Wallonne en réponse à la crise de l’ESB. Ce Centre est situé sur le site de l'hôpital universitaire (CHU) de l'ULiège.

La Faculté de Médecine Vétérinaire de l’ULiège lutte depuis de nombreuses années contre les épizooties et les zoonoses. Un cas particulièrement intéressant est celui de la peste porcine africaine. Apparue en Belgique en 2018, elle a représenté une crise majeure.

L’ULiège a joué un rôle clé dans:

  1. l’identification rapide des foyers grâce à des analyses de terrain et des tests en laboratoire,
  2. la coordination des efforts avec les autorités régionales et nationales pour éradiquer la maladie chez les sangliers infectés tout en protégeant les élevages
  3. la recherche sur la viabilité du virus dans différents environnements, fournissant des données cruciales pour adapter les protocoles de gestion. Ces actions ont permis à la Belgique d'être déclarée exempte de peste porcine africaine en 2020, illustrant l'efficacité des stratégies mises en œuvre.

Pendant la pandémie de COVID-19, l’ULiège a développé la procédure de diagnostic utilisée en Belgique par la "plateforme nationale de testing COVID-19", laquelle a réalisé, grâce à cette procédure, plus de 5 millions de tests. Le laboratoire COVID-19 de l’ULiège est celui qui a réalisé le plus grand nombre de tests en Belgique. En parallèle, les chercheurs de l’ULiège ont sécurisé l'approvisionnement des réactifs et des consommables en plastique nécessaires à la réalisation de ces tests en créant, localement, des lignes de production et de conditionnement ad hoc (réactifs d'inactivation virale et d'extraction de l'acide nucléique viral, boîtes 96 puits et tubes pour les prélèvements nasopharyngés). Cela a permis à l’État belge de s’affranchir des approvisionnements de matériel par les multinationales et de devenir, en mai 2020, le pays européen ayant la plus grande capacité de testing. L’ULiège a également développé un kit d'auto-prélèvement salivaire destiné à permettre le dépistage massif du virus dans la population active. Ce type de dépistage a notamment été utilisé dans les maisons de repos de la région wallonne pour y juguler la dispersion du virus et par conséquent la mortalité avant même l’accès à la vaccination. 

L’ULiège a également :

  1. contribué, par des recherches fondamentales et appliquées, à mieux connaître le virus (publications dans Nature, New England Journal of Medicine, Journal of Experimental Medicine etc),
  2. assuré une diffusion d’informations fiables sur le COVID-19 à travers des webinaires, des campagnes de sensibilisation et des collaborations avec les médias, jouant un rôle crucial pour contrer la désinformation,
  3. développé une procédure de plasmathérapie, en partenariat avec la Croix-Rouge et le CHU de Liège, dans le but de transférer des anticorps anti-Sars-CoV-2 fonctionnels aux patients les plus atteints par la maladie, et
  4. produit des protéines nécessaires au développement de tests antigéniques.  
modifié le 17/11/2025

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