Les autorités rectorales de l’ULiège ont décidé de mettre un bâtiment à la disposition de l’Institut des Épidémies. Il s’agit du bâtiment B40 qui abritait autrefois le Centre Wallon de Biologie Industrielle (CWBI). Ce bâtiment est actuellement désaffecté mais sera remis en état par l’ULiège. Ce bâtiment abritera les activités qui ne peuvent actuellement pas être mises en œuvre, ou difficilement, dans les Unités de Recherche respectives des chercheurs de l’Institut. 

B40 croquis

1. Inscription dans l’organigramme de l’ULiège

A l’ULiège, les chercheurs sont répartis dans des Unités de Recherche (UR). Les chercheurs concernés par l’Institut des Épidémies appartiennent à différentes UR, disséminées sur deux campus (Sart-Tilman et Gembloux Agro-Biotech). Pour ne pas perturber l’organigramme de l’ULiège, il a été décidé que les chercheurs de l’Institut des Épidémies resteront affiliés en priorité à leurs UR respectives mais qu’ils seront affiliés, de manière secondaire, à l’institut. Ils poursuivront leur activités habituelles dans leurs UR mais auront une activité supplémentaire, orientée vers la lutte contre les épidémies, à l’intérieur de l’institut. C’est sous le couvert de l’institut des Épidémies qu’ils mettront en œuvre l’anticipation des épidémies et pandémies, ainsi que de la lutte active contre ces fléaux s’ils surviennent.

2. Membres

N’importe quel PI (principal investigator) de l’ULiège est invité à devenir membre de l’institut s’il estime que ses compétences scientifiques peuvent être utiles dans la lutte contre les épidémies. L’aspect transdisciplinaire de l’institut est en effet privilégié. La liste des membres actuels est fournie à la fin du document. Une invitation à devenir membre (affiliation secondaire) sera envoyée à tous les PI via leur directeur d’UR.

3. Bâtiment dédié : le B40

Les autorités rectorales de l’ULiège ont décidé de mettre un bâtiment à la disposition de l’Institut des Épidémies. Il s’agit du bâtiment B40 qui abritait autrefois le Centre Wallon de Biologie Industrielle (CWBI). Ce bâtiment est actuellement désaffecté mais sera remis en état par l’ULiège. Ce bâtiment abritera les activités qui ne peuvent actuellement pas être mises en œuvre, ou difficilement, dans les UR respectives des chercheurs de l’institut. Le bâtiment B40 accueillera principalement :

  • La manipulation d’agents infectieux de classes de risque élevées, qui nécessite l’accès à des
    laboratoires de sécurité de niveau BSL-3 et d’animalerie de niveau A3.
  • La manipulation d’agents infectieux de classes de risque moindre (classe 2 par exemple). Des laboratoires dédiés seront pensés pour que du diagnostic à grande échelle, ainsi que de la sérologie massive, puissent être réalisés avec la plus grande efficacité (modules d’extraction individuels, marche en avant, etc). Dans ce contexte, le matériel acquis lors de la pandémie COVID-19, dans le cadre du diagnostic par RT-qPCR à grande échelle, sera réinstallé dans le B40. Il en est de même pour le matériel ayant été utilisé pour les tests sérologiques massifs.
  • Des laboratoires classiques, sans prescrit de sécurité particulier. Ces laboratoires seront
    utiles, entre-autres, à la réalisation de manipulations satellites.
  • Le gros équipement nécessaire, sans qu’une concurrence ne s’installe entre l’institut et les plateformes technologiques existantes. Un dialogue sera instauré très rapidement avec les responsables de ces plateformes pour que les demandes d’équipement auprès des bailleurs de fond ne se télescopent pas.
  • Une biobanque qui sera générée par les activités de l’institut. On parle ici principalement d’échantillons prélevés sur des personnes ou des animaux souffrant de maladies infectieuses. La conservation de cette biobanque demandera l’acquisition de congélateurs dédiés, lesquels seront installés au sous-sol du bâtiment. Ceux acquis lors de la pandémie de COVID-19 y seront installés. La biobanque sera mise en place en concertation avec la BUHL (Biothèque Hospitalo-Universitaire de Liège) et selon les réglementations en vigueur.
  • Des bureaux et des salles de réunion. C’est en effet dans le B40 que les réunions relatives à l’institut auront lieu (board) et que les projets communs seront discutés. Les bureaux abriteront les chercheurs dont l’activité principale sera localisée, de manière permanente ou temporaire, dans le B40.
    Cette structuration permettra à l’institut de remplir pleinement ses missions principales qui, pour rappel, seront i) la veille épidémiologique active en dehors des périodes de crises, ii) l’identification des personnes ou animaux porteurs de l’agent pathogène incriminé, ainsi que la mesure de leurs réponses immunitaires post-infection et post-vaccination, lors d’épidémies/ pandémies déclarées, et iii) la constitution d’une biobanque (bibliothèque de prélèvements infectieux ou non) accessible à tous les chercheurs du domaine.

Les différents bureaux et laboratoires ne seront attribués de manière définitive à aucun chercheur, et cela pour permettre un maximum de flexibilité en cas de crise sanitaire. Il est en effet nécessaire que ces locaux puissent être réaffectés rapidement et facilement en fonction des besoins. Si une pandémie survient les locaux doivent pouvoir être très vite convertis en « laboratoires de crise » pour, par exemple, réaliser du diagnostic ou des tests sérologiques à grande échelle. Un board sera constitué pour gérer cette flexibilité et assurer une utilisation optimale des locaux. En dehors des périodes de crise, ce board aura pour mission d’examiner les demandes des chercheurs et d’attribuer les espaces en fonction des priorités scientifiques, des besoins exprimés, et de leur alignement avec les objectifs stratégiques de l’institut. Pendant les crises, ce même board jouera un rôle central en réquisitionnant et réaffectant rapidement les locaux en fonction des urgences, garantissant ainsi une réponse rapide et efficace.

4. Équipement dédié

Comme dit précédemment, il faut éviter que l’institut ne rentre en concurrence avec les plateformes technologiques déjà existantes à l’ULiège. Les chercheurs de l’institut s’engagent à utiliser en priorité ces plateformes et à contribuer à leur maintien et leur amplification. Le bâtiment B40 n’abritera donc que l’équipement strictement nécessaire. Il s’agit des laboratoires et animaleries de haute sécurité (BSL-3 et A3) et de l’équipement de proximité requis tels que des cytomètres en flux. L’acquisition de cet équipement se fera en concertation avec les responsables des plateformes technologiques existantes. Il est bien entendu que l’équipement propre à l’institut sera accessible à toute personnes en ayant besoin, à l’exception des périodes de crise où l’équipement sera exclusivement dédié à la lutte contre l’épidémie en cours.

5. Personnel dédié

Le fonctionnement correct du B40 nécessiterait idéalement que du personnel lui soit dédié. Les fondateurs de l’institut sont conscients de la difficulté de leur attribuer du personnel. Il est cependant important d’attirer l’attention des autorités sur les besoins en ressources humaines, à savoir deux logisticiens ou techniciens et un business developer qui serait en relation avec les entreprises locales. Pour cette dernière personne, il est possible qu’une solution soit apportée par RISE.

6. Ancrage local et international

L’Institut des Épidémies possède déjà un fort ancrage international. De nombreuses collaborations dans le domaine existent, y compris avec d’autres instituts ou organes dont les objectifs sont similaires aux nôtres. Ces relations internationales seront encore amplifiées de manière à créer un réseau d’échanges couvrant le monde entier. Au niveau local, comme dit précédemment, l’institut tissera des liens étroits avec le monde économique dans le but:

  1. d’aider les entreprises locales actives dans le domaine à développer des solutions technologiques aux défis que représentent les épidémies mais aussi
  2. de produire à grande échelle les solutions mises au point par les chercheurs de l’institut. Enfin, un dialogue devra être établi entre l’institut et les pouvoirs politiques de telle sorte que ceux-ci considèrent l’institut comme un partenaire immédiat dans la résolution des crises sanitaires, humaines ou animales. Dans ce contexte, il sera nécessaire, par exemple, que le monde politique et les organes régulatoires consentent à ce que l’institut puisse se voir délivrer des agréments lui permettant de mettre en place des solutions diagnostiques par exemple.

7.    Cohésion

Pour assurer une cohésion parmi les membres de l’institut, des séminaires thématiques seront organisés dans le bâtiment B40. C’est également à cet endroit que les activités de valorisation des différents partenaires seront débattues. Ces activités sont le plus souvent, pour des raisons de « non-divulgation », maintenues relativement secrètes dans les laboratoires avec comme conséquence de nombreux échecs dans les tentatives de mise sur le marché. Grâce à des accords de confidentialité, les chercheurs de l’institut pourront profiter de la masse critique pour mener à bien leurs activités de valorisation. RISE sera impliqué également dans cette démarche. Enfin, le COVID-19 nous a appris que la meilleure cohésion entre les chercheurs apparait lorsqu’ils réalisent un projet commun à fort impact sociétal. L’institut initiera par conséquent deux ou trois projets de grande envergure, faisant pour chacun intervenir un maximum de chercheurs. On pense par exemple ici à l’élaboration commune de plans de réponse rapide aux futures épidémies/ pandémies.

8. Activités de formation et d’enseignement

L’Institut proposera des cours et formations de troisième cycle dans le domaine de la lutte contre les épidémies/pandémies. L’institut sera, par ailleurs, actif dans la formation des futurs Docteurs en Science dans le domaine.

9. Financement

L’université s’est engagée à prendre en charge la rénovation du bâtiment B40. Le matériel, quant à lui, sera financé, à hauteur de cinq millions d’euros, par les laboratoires de l’ULiège ayant réalisé les tests PCR pour le compte de l’État belge pendant la pandémie de COVID-19. Ces budgets seront très probablement insuffisants. Une aide complémentaire sera par conséquent demandée aux autorités politiques régionales. La pérennisation de la structure sera également envisagée avec les autorités académiques et politiques.

10. Gestion scientifique et administrative

Un directeur sera élu par les membres. Celui-ci sera responsable de l’administration de l’institut (suivi de la création de l’institut, dialogue avec les autorités académiques et politiques, gestion de l’espace, organisation des réunions, supervision des projets communs, recherche de financements, relations internationales, etc). Les décisions de gouvernance seront prises par un board présidé par le directeur de l’institut. A terme, un board restreint sera créé mais il a été décidé que, au cours des quatre premières années, le board serait constitué de l’ensemble des membres afin que chacun puisse émettre un avis sur l’orientation initiale donnée à l’Institut des Épidémies. Un board externe sera également créé dans le but de conseiller les membres de l’Institut sur l’orientation de leurs activités. Tous les mandats auront des durées de quatre ans.

modifié le 17/11/2025

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