Un Institut à l'ULiège
Création d’un Institut des Épidémies (InDeEp) à l’ULiège : consolider les acquis et préparer le futur.

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algré les progrès de la science et de la médecine, les épidémies restent une menace majeure pour l’humanité, comme en attestent les rapports récents de l’OMS. Malgré cela, les États restent dans une situation d’impréparation préoccupante. Conscients de leur responsabilité civique et de la menace qui pèse sur l’humanité, les scientifiques de l’ULiège qui se sont distingués dans la lutte active contre le COVID-19 ont décidé de poursuivre leur action en créant, au sein de leur Université, un Institut des Épidémies (InDeEp). On entend ici épidémies au sens large, qu’elles soient humaines ou animales (épizooties), locales ou mondiales (pandémies). Cet Institut, dont la mise en œuvre et l’organisation sont relatées dans l’annexe qui suit, aura comme objectif prioritaire de se mettre au service de la société, et en particulier du monde politique, pour contribuer à une meilleure anticipation des épidémies et pandémies, ainsi qu’à la mise en place d’une lutte active contre ces fléaux s’ils surviennent. De manière concrète, ses missions principales seront la veille épidémiologique active en dehors des périodes de crises (quel agent pathogène se trouve où et à quelle vitesse se propage-t-il ?), l’identification des personnes ou animaux porteurs, et la mesure de leurs réponses immunitaires post-infection et post-vaccination, lors d’épidémies/pandémies déclarées, et la constitution d’une biobanque (bibliothèque de prélèvements infectieux ou non) accessible à tous les chercheurs du domaine. Les activités de l’Institut des Épidémies seront complémentaires à celles de l’Institut Plotkin (récemment créé à l’initiative de l’Université Libre de Bruxelles et de l’Université d’Anvers) dont l’objectif est de développer de nouveaux vaccins. Ces deux Instituts pourront, de manière conjointe, répondre à tous les défis relatifs aux épidémies/pandémies futures et devenir des interlocuteurs privilégiés des autorités politiques dans la recherche de solutions d’urgence.
L’organisation en Institut est nécessaire dans la mesure où les scientifiques concernés sont disséminés dans l’Université, répartis dans différentes Unités de Recherche, et ne se regroupent que lorsque l’urgence les y pousse. Le rassemblement de ces chercheurs sous la bannière d’un Institut permettra
- de consolider les collaborations,
- d’assurer un meilleur transfert des compétences entre les chercheurs,
- de profiter de l’effet de la masse critique sur les activités de recherche de chacun,
- de mettre sur pied des projets de recherche de grande envergure dans le domaine des épidémies,
- d’établir de manière commune des plans de réponse aux futures épidémies,
- de développer, en amont, des solutions technologiques aux défis que posent, à chaque occurrence, les épidémies (kits diagnostic, kits de prélèvement, vaccins…),
- de mettre en commun le réseau international de chaque chercheur (Figure ci-dessous),
- de sensibiliser de manière commune les autorités politiques et administratives,
- d’établir un réseau efficace avec le tissu industriel local en vue de produire les solutions technologiques à grande échelle,
- d’obtenir plus facilement les agréments permettant le diagnostic et la surveillance des maladies infectieuses (voir encadré),
- de construire les plateformes technologiques indispensables à l’étude des agents infectieux de classes de risque élevées (laboratoires de sécurité BSL-3, animaleries de niveau A3, etc),
- et de réactiver, comme ce fut le cas lors de la pandémie de COVID-19, la capacité de lutte contre les épidémies lorsqu’elles surgissent (récolte de données, suivi épidémiologique des patients, communication objective, étude approfondie des agents infectieux et de leur variants, étude des réponses immunitaires chez les patients, mise en œuvre de la plasmathérapie, développement de méthodes de diagnostic de laboratoire à grande échelle, développement rapide de kits de prélèvement, développement de kits de diagnostic individuel de type « tests antigénique », développement de vaccins, etc).
